Cumul ARE et Portage Salarial : Comment Maximiser vos Allocations Chômage
L'assurance chômage est l'atout maître du portage salarial. C'est le droit qui n'existe pas en SASU, pas en micro-entreprise, et qui fait basculer la comparaison financière globale en faveur du portage. Mais les règles de l'ARE (Aide au Retour à l'Emploi) sont complexes, et beaucoup de consultants n'exploitent pas pleinement leurs droits. Ce guide détaille le mécanisme complet : ouverture des droits, calcul de l'allocation, cumul avec une activité réduite, et rechargement des droits.
Ouvrir ses droits ARE en portage salarial
En portage salarial, vous êtes salarié en CDI (ou CDD). Vous cotisez à l'assurance chômage comme tout salarié. Pour ouvrir des droits à l'ARE, vous devez avoir travaillé au moins 130 jours (ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus). En portage, cette condition est généralement remplie en 6 à 7 mois d'activité à temps plein.
L'événement déclencheur de l'indemnisation est la perte involontaire d'emploi. En portage salarial, cela peut prendre la forme d'une rupture conventionnelle (le cas le plus fréquent et le plus maîtrisé), d'un licenciement économique (rare mais possible si la société de portage est en difficulté), ou d'une fin de CDD si vous êtes en contrat à durée déterminée.
La rupture conventionnelle est le mécanisme privilégié. Elle est négociée d'un commun accord entre vous et la société de portage, conformément aux articles L1237-11 et suivants du Code du travail. Elle donne droit à une indemnité de rupture (au moins 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté) et ouvre immédiatement les droits à l'ARE après un délai de carence.
Le calcul de l'ARE : combien percevrez-vous
Le montant de l'ARE est calculé à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR), lui-même déterminé par la somme des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence (12 derniers mois de cotisation), divisée par le nombre de jours calendaires entre le premier et le dernier jour d'emploi de cette période.
L'allocation journalière est égale au montant le plus élevé entre 40,4 % du SJR + 12,95 € (formule 1) et 57 % du SJR (formule 2), avec un plancher de 31,97 € par jour et un plafond de 75 % du SJR.
Pour un consultant porté dont le salaire brut moyen était de 5 000 € par mois, l'ARE mensuelle se situe aux alentours de 2 700 à 3 000 €. Pour un salaire brut de 8 000 €, l'ARE atteint environ 4 200 à 4 600 €.
La durée d'indemnisation dépend de la durée de cotisation et de l'âge. Pour les moins de 53 ans, la durée maximale est de 18 mois. Pour les 53 à 54 ans, 22,5 mois. Pour les 55 ans et plus, 27 mois. La durée effective est au maximum égale à la durée de cotisation.
Le cas de Nicolas, consultant data, cumul ARE + nouvelle mission
Nicolas, 41 ans, consultant data en portage salarial, a travaillé 24 mois consécutifs avant une rupture conventionnelle. Son salaire brut moyen était de 6 500 € par mois. Son ARE : environ 3 500 € nets par mois pendant 18 mois, soit un capital total de 63 000 €.
Après 2 mois de repos, Nicolas trouve une nouvelle mission à temps partiel (10 jours par mois au lieu de 18). Son nouveau salaire brut mensuel en portage est d'environ 3 600 €. Il peut cumuler son salaire avec une partie de son ARE, selon la règle du cumul activité-chômage : France Travail déduit 70 % du nouveau salaire brut de son allocation mensuelle.
Concrètement : ARE initiale de 3 500 € moins 70 % de 3 600 € (soit 2 520 €) = complément ARE de 980 €. Nicolas perçoit donc son salaire de portage (environ 2 800 € net) plus un complément ARE de 980 €, soit un revenu total de 3 780 € net, tout en conservant le reliquat de ses droits pour plus tard.
Ce mécanisme de cumul est particulièrement intelligent : il permet de reprendre progressivement l'activité sans perdre ses droits, et il allonge la durée effective d'indemnisation puisque les jours non consommés sont reportés.
Le rechargement des droits : un cercle vertueux
Le rechargement (ou réouverture) des droits est un mécanisme fondamental. Si vous reprenez une activité en portage salarial après une période de chômage, chaque jour travaillé reconstitue de nouveaux droits. Lorsque vos droits initiaux sont épuisés, un nouveau calcul est effectué sur la base de la nouvelle période de travail.
Pour bénéficier du rechargement, vous devez avoir travaillé au moins 130 jours (ou 910 heures) depuis votre dernière ouverture de droits. En portage, cela représente environ 6 mois d'activité à temps plein.
Ce mécanisme crée un cercle vertueux pour le consultant en portage : chaque mission alimente vos droits au chômage pour la période suivante. Plus vous travaillez longtemps et à un salaire élevé, plus vos droits ARE sont importants et durables. C'est l'exact inverse de la SASU où chaque mois de travail ne constitue aucune protection future.
Les points de vigilance
L'ARE n'est pas un droit automatique. Quelques précautions s'imposent. La rupture conventionnelle doit être sincère et validée par la DREETS. Une rupture conventionnelle systématique tous les 6 mois avec la même société de portage pourrait être requalifiée en abus. La plupart des sociétés de portage sérieuses espacent les ruptures conventionnelles de 2 à 3 ans minimum.
L'inscription à France Travail doit être faite dans les 12 mois suivant la fin du contrat. Le délai de carence (7 jours incompressibles + carence spécifique liée à l'indemnité de rupture + différé d'indemnisation lié aux congés payés) peut reporter le début de l'indemnisation de 1 à 3 mois. Anticipez-le dans votre planning financier.
Enfin, pendant l'ARE, vous êtes tenu de rechercher activement un emploi et de vous actualiser chaque mois sur France Travail. En pratique, la recherche de missions en portage salarial est parfaitement compatible avec ces obligations.
Sources et références
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