Micro-Entreprise 2026 : Plafonds, Cotisations et Fiscalité
La micro-entreprise reste le statut préféré des indépendants qui démarrent. Et on comprend pourquoi : création en quelques minutes, comptabilité ultra-simplifiée, charges calculées automatiquement sur le CA. C'est un excellent premier pas dans l'indépendance.
Mais ce statut a des limites qui se révèlent assez vite, surtout pour les consultants qualifiés. Plafonds de chiffre d'affaires, absence de déduction de charges, protection sociale minimale. Ce guide fait le point sur les règles en vigueur en 2026.
Les plafonds de chiffre d'affaires
Les seuils à ne pas dépasser pour conserver le régime micro sont fixés par l'article 293 B du Code général des impôts.
Pour les prestations de services (BNC), le plafond est de 77 700 € de CA annuel HT. Pour les activités de vente (BIC), il est de 188 700 €.
Si vous dépassez ces seuils pendant deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition. Cela signifie comptabilité complète, TVA collectée, et charges calculées sur le bénéfice réel.
Pour un consultant avec un TJM de 400 €, le plafond est atteint avec seulement 11 jours de travail par mois sur 11 mois. Le statut devient vite limitant.
Le cas de Nadia, UX designer qui atteint le plafond
Nadia est UX designer en micro-entreprise, avec un TJM de 420 €. Sa première année, elle travaille 15 jours par mois sur 10 mois : CA de 63 000 €. Tout va bien.
La deuxième année, sa réputation grandit. Elle passe à 17 jours par mois sur 11 mois : CA de 78 540 €. Elle dépasse le plafond.
Si elle dépasse à nouveau l'année suivante, elle sortira automatiquement du régime micro. Nadia a le choix : créer une SASU (avec les frais et la complexité que cela implique) ou passer en portage salarial, sans aucune formalité de transition.
Les cotisations URSSAF en détail
Le taux de cotisations pour les prestations de services libérales (BNC) est de 23,1 % du CA en 2025. Ce taux couvre les cotisations maladie, retraite de base, invalidité-décès, allocations familiales, et la CSG-CRDS.
S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,2 %, soit un taux global d'environ 23,3 %.
Pour les bénéficiaires de l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise), le taux est réduit de 50 % la première année.
L'impôt sur le revenu s'ajoute aux cotisations. En micro-BNC, un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué sur le CA avant imposition. Vous êtes donc imposé sur 66 % de votre CA, sans possibilité de déduire vos charges réelles, ce qui peut être pénalisant si vous avez des frais significatifs.
Le versement libératoire : intéressant ou pas ?
Le versement libératoire permet de payer l'IR en même temps que les cotisations, à un taux fixe de 2,2 % du CA pour les BNC. Il est accessible si votre revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part de quotient familial.
C'est intéressant si votre TMI est supérieure à 11 %. Pour un micro-entrepreneur BNC avec un CA de 60 000 €, le versement libératoire coûte 1 320 €, contre environ 5 300 € d'IR au barème progressif pour un célibataire. L'économie est significative.
Mais attention : le versement libératoire n'est pas « gratuit ». Il est souvent avantageux pour les revenus modérés, mais peut devenir neutre ou défavorable dans certaines configurations familiales. Faites le calcul avec notre simulateur.
Les limites concrètes pour un consultant
Au-delà des plafonds de CA, la micro-entreprise présente des inconvénients structurels pour les professionnels qualifiés.
L'absence de déduction de charges réelles pénalise les consultants qui ont des frais significatifs (transport, matériel, formations, coworking). L'abattement forfaitaire de 34 % est censé compenser, mais il est souvent insuffisant.
La protection sociale est minimale. Pas d'assurance chômage, pas de mutuelle obligatoire, pas de prévoyance décès/invalidité, pas de PEE/PERCOL, pas de retraite complémentaire significative. En cas de maladie longue ou d'arrêt d'activité, vous n'avez aucun filet de sécurité.
Enfin, certains grands comptes et ESN refusent de contracter avec des micro-entrepreneurs, préférant des sociétés de portage ou des structures juridiques plus établies.
Pour un consultant qui dépasse ou approche les 50 000 € de CA, il est pertinent de comparer sérieusement avec le portage salarial. La protection sociale complète pour un coût net souvent comparable, voire inférieur quand on intègre les droits acquis.
Sources et références
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