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Portage Salarial vs Micro-Entreprise : Le Vrai Comparatif 2026

Mis à jour : Février 202611 min de lecture
PORT.SASUMICRO

La micro-entreprise est souvent le premier réflexe des consultants qui se lancent en indépendant. Création en 10 minutes, charges à 23 %, zéro comptabilité : c'est séduisant. Mais au-delà de cette simplicité apparente, que se passe-t-il quand on compare sérieusement la micro-entreprise au portage salarial, en intégrant la protection sociale, la retraite, et la couverture chômage ?

Ce comparatif met les deux statuts face à face, sans parti pris, avec des chiffres concrets et des cas réels.

Le coût apparent vs le coût réel

En micro-entreprise (BNC), le taux de cotisations URSSAF est de 23,1 % du chiffre d'affaires. En portage salarial, le coût total (frais de gestion + cotisations sociales) représente environ 48 à 53 % du CA. L'écart semble massif au premier regard.

Mais cet écart de charges finance des prestations très différentes. En micro, vos cotisations couvrent l'assurance maladie (avec des indemnités journalières très faibles), une retraite de base calculée sur un revenu forfaitaire modeste, et c'est à peu près tout. Pas d'assurance chômage. Pas de prévoyance. Pas de mutuelle obligatoire. Pas de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Pas d'épargne salariale défiscalisée.

En portage salarial, vos cotisations financent l'intégralité de la protection sociale d'un salarié en CDI. C'est comme comparer une assurance au tiers avec une assurance tous risques : oui, la seconde coûte plus cher, mais la couverture n'a rien à voir.

Le cas de Romain, consultant SEO à 400 € de TJM

Romain facture 400 € HT par jour, travaille 17 jours par mois sur 11 mois. Son CA annuel est de 74 800 €.

En micro-entreprise : cotisations URSSAF de 17 279 €, IR estimé (célibataire, après abattement de 34 %) de 7 200 €. Net disponible : environ 50 300 €. Aucune protection chômage, retraite de base uniquement.

En portage salarial (frais de gestion 5 %) : salaire net annuel d'environ 37 000 €. Mais en ajoutant la valeur des droits acquis (ARE annualisée de 11 200 €, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance, mutuelle), la rémunération globale atteint environ 52 500 €.

L'écart de net apparent est de 13 300 € en faveur de la micro. L'écart de rémunération globale est de 2 200 € en faveur du portage. Et Romain dort mieux la nuit en sachant qu'il a 18 mois de chômage si sa situation change.

Le plafond de chiffre d'affaires : une limite structurelle

En micro-entreprise BNC, le plafond est de 77 700 € de CA annuel. Pour un consultant à 450 € de TJM, cela représente seulement 172 jours de facturation, soit environ 15,6 jours par mois sur 11 mois. Autant dire que le moindre succès commercial vous pousse contre le mur du plafond.

En portage salarial, il n'y a aucun plafond de chiffre d'affaires. Vous pouvez facturer 50 000 € comme 200 000 € sans changement de statut. Cette absence de limite vous permet de saisir toutes les opportunités sans contrainte administrative.

Au-delà du plafond micro dépassé deux années consécutives, vous basculez au régime réel avec toute la complexité que cela implique : comptabilité complète, TVA, déclarations multiples. Beaucoup de micro-entrepreneurs découvrent ce changement trop tard et se retrouvent dans une situation administrative inconfortable.

La TVA : un sujet plus complexe qu'il n'y paraît

En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA sous le seuil de 36 800 € (prestations de services). Au-delà, vous devez collecter et reverser la TVA, ce qui ajoute une obligation déclarative et réduit votre compétitivité auprès des clients non assujettis (particuliers, associations).

En portage salarial, la TVA est gérée par la société de portage. Vous n'avez strictement rien à faire : ni déclaration, ni calcul, ni paiement. La société facture la TVA au client et la reverse à l'État. C'est transparent pour vous.

Point important : en micro-entreprise, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels (matériel informatique, logiciels, formations). En portage salarial, vos frais professionnels remboursés incluent la récupération de TVA par la société de portage, ce qui réduit le coût réel de vos investissements professionnels.

L'accès au crédit immobilier

C'est un avantage concret et souvent décisif du portage salarial. Les banques françaises restent très attachées au CDI et aux bulletins de paie réguliers. En portage, vous présentez un CDI, des bulletins de paie mensuels avec un salaire stable, et une ancienneté dans l'emploi. Le dossier est traité comme celui de n'importe quel cadre salarié.

En micro-entreprise, le parcours bancaire est nettement plus compliqué. Les banques demandent généralement trois années de bilans (que vous n'avez pas en micro, juste des déclarations de CA), une moyenne de revenus sur 3 ans, et appliquent souvent une décote de 20 à 30 % sur vos revenus déclarés pour tenir compte de l'irrégularité supposée. Certaines banques refusent purement et simplement les dossiers de micro-entrepreneurs.

Le cas de Sarah, coach agile qui achète son appartement

Sarah est coach agile, TJM de 520 €. Elle gagne environ 4 200 € net par mois en portage salarial. Sa banque a accepté son dossier de prêt immobilier en 3 semaines sur la base de ses 3 derniers bulletins de paie et de son contrat CDI. Taux obtenu : le taux standard des emprunteurs salariés.

Son collègue Antoine, même profil mais en micro-entreprise, a essuyé deux refus avant de trouver une banque qui accepte son dossier, avec un taux majoré de 0,3 point et une exigence d'apport personnel de 20 % au lieu de 10 %. Sur un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, cette différence de taux représente environ 10 000 € de surcoût.

Le cas particulier de l'ACRE

L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) réduit de 50 % les cotisations URSSAF la première année en micro-entreprise. C'est un avantage réel mais temporaire : le taux passe de 23,1 % à environ 11,6 % pendant 12 mois, puis revient au taux plein.

Beaucoup de consultants choisissent la micro-entreprise uniquement pour bénéficier de l'ACRE, avec l'idée de basculer ensuite. C'est une stratégie valide si le CA reste modeste la première année. Mais attention : si vous démarrez fort (TJM élevé, missions dès le premier mois), l'économie de l'ACRE peut être inférieure à la valeur des droits sociaux que vous auriez acquis en portage sur la même période, notamment les trimestres de chômage.

Pour qui la micro-entreprise reste pertinente

La micro-entreprise garde tout son sens dans plusieurs cas de figure. Si vous démarrez une activité de consulting en complément d'un emploi salarié, la micro est idéale pour tester le marché sans engagement. Si votre CA reste inférieur à 35 000 € par an, les avantages du portage en termes de protection sociale sont moins significatifs. Si vous exercez une activité ponctuelle ou saisonnière avec peu de jours facturés, la simplicité de la micro l'emporte.

En revanche, dès que votre CA dépasse régulièrement 50 000 € par an, que vous facturez à des entreprises (et non des particuliers), et que vous avez besoin d'un filet de sécurité (famille, projet immobilier, approche de la retraite), le portage salarial offre un rapport protection/coût nettement supérieur.

Le passage de la micro au portage est instantané : aucune formalité de radiation nécessaire. Vous pouvez même conserver votre micro-entreprise en parallèle le temps de la transition, à condition de ne pas facturer les mêmes clients via les deux structures.

Sources et références

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